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Biennale

« Mondes flottants », 14e Biennale de Lyon

du 20 Septembre 2017
au 07 Janvier 2018
Empruntant son titre au mot japonais ukiyô, qui envisage le monde dans son impermanence et dans son processus de renouvellement, sources de liberté et de créativité, la Biennale place au coeur de ses enjeux les attitudes libertaires d’artistes, qui ne cessent de repousser les limites de l’oeuvre d’art afin de l’ouvrir, encore davantage, sur le monde.
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Mondes flottants
Par Emma Lavigne, Commissaire invitée
 
« Le moderne c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile. »
Charles Baudelaire
 
C’est dans le contexte d’une mondialisation galopante générant une constante mobilité et l’accélération des flux, cette « liquidité » du monde et des identités analysée par Zygmunt Bauman, que la Biennale explore l’héritage et la portée du concept de « moderne » dans la création actuelle. Le sociologue décrit la société contemporaine par une constante mobilité générant la dissolution des relations et des identités, le déracinement des individus « hypermodernes ». Sa critique de la modernité, dont il soulève l’essence totalitaire où la sécurité occupe une place envahissante au détriment de la liberté, appelle à une réévaluation de la place de l’homme dans le monde, afin qu’il en reste le navigateur avisé. 
Empruntant son titre au mot japonais ukiyô, qui envisage le monde dans son impermanence et dans son processus de renouvellement, sources de liberté et de créativité, la Biennale place au coeur de ses enjeux les attitudes libertaires d’artistes, qui ne cessent de repousser les limites de l’oeuvre d’art afin de l’ouvrir, encore davantage, sur le monde. C’est au coeur d’un territoire dont l’identité s’est en partie façonnée par l’omniprésence de l’eau, dans cette ville « née des eaux », traversée par le Rhône et la Saône, que la Biennale d’art contemporain 2017 s’arrime, en réactivant l’imaginaire dont ce fleuve et son affluent sont porteurs, générant une topographie inspirée d’Édouard Glissant pour lequel « la pensée archipélique convient à l’allure de nos mondes. Elle en emprunte l’ambigu, le fragile, le dérivé. Elle consent à la pratique du détour ». Certains artistes, tels Rivane Neuenschwander, Marco Godinho, Pratchaya Pinthong, Julien Creuzet font l’apologie de cette poétique du chaos, de la dispersion, du nomadisme et de la circulation. À l’image de l’immense voile blanche Wide White Flow de Hans Haacke ou des cerfs-volants de When Sky Was Sea de Shimabuku, les Mondes flottants de la Biennale de Lyon sont traversés par le vent des soulèvements, des fulgurances poétiques et déflagrations esthétiques contemporaines.
 
Déjà Rainer Maria Rilke s’interrogeait sur la place du poète et de l’artiste au sein du monde moderne, d’un univers en expansion, ouvert, confiant combien il était « étrange de voir ainsi que tout ce qui se rattachait, librement vole, de-ci, de-là, dans l’espace sans lien ». La Biennale explore la persistance de la sensibilité moderne pour les flux, la dissolution des formes, en un paysage mobile et atmosphérique, qui se recompose sans cesse. Comme dans la littérature de J. G. Ballard, les personnages qui l’habitent apparaissent dans un état transitionnel, sur le seuil d’un espace qu’ils ont déjà abandonné, comme déterritorialisés, à l’image des hommes encapsulés dans les chrysalides de Darío Villalba ou des fantômes célestes d’Apichatpong Weerasethakul qui captent les flux et pulsations frénétiques de notre monde électrique. 
 
Certaines oeuvres restent délibérément ouvertes, dans un état fragmentaire, parfois inachevé qui laissent transparaitre la pensée d’Umberto Eco, dans son ouvrage L’oeuvre ouverte (1965), qui envisageait l’oeuvre comme un « champ d’événements » ouvert au hasard d’un devenir accidentel. L’enjeu est de révéler l’oeuvre d’art comme « un infini contenu dans le fini », selon les mots de Luigi Pareyson. La Biennale génère parfois des porosités entre les oeuvres, les temporalités, les lieux, certains chefsd’oeuvre de l’art moderne, tels que la partition aléatoire de formes suspendues dans l’espace de Calder ou les peintures de Fontana ouvrant sur de nouvelles cosmogonies imaginées par Tomás Saraceno ou Dominique Blais. Les oeuvres entrent en correspondance, partagent des connivences, telle l’oeuvre en suspension A=P=P=A=R=I=T=I=O=N de Cerith Wyn Evans inspirée par la poésie de Mallarmé, comme celle de Marcel Broodthaers qui considérait le poète comme la source de l’art contemporain, l’inventeur inconscient de l’espace moderne. 
 
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Avec entre autres, pour leur rapport au son : Lars Fredrikson, Laurie Anderson, Doug Aitken, Dominique Blais, Céleste Boursier-Mougenot, Robert Breer, Brion Gysin, Cildo Meireles, David Tudor…
 

Publié par Benoît Montigné


BIOGRAPHIE(S)

ARTISTE /

Céleste Boursier-Mougenot

Présentés depuis une quinzaine d'années exclusivement dans les lieux d'art contemporain, les travaux de Céleste Boursier-Mougenot sont à considérer avant tout comme ceux d'un musicien. Après avoir été, de 1985 à 1994, le compositeur de la compagnie « Side One Posthume Théâtre » de l'auteur et metteur en scène Pascal Rambert, il entreprend de donner une forme autonome à sa musique en réalisant des installations.

ARTISTE /

Dominique Blais

Dominique Blais tisse des liens entre les composantes visuelles et sonores de notre environnement. Travaillant à la limite du perceptible, il explore le lien ténu entre visible et invisible à travers des installations qui questionnent le rapport au lieu, à la mémoire. Par de subtils jeux de transposition, l'artiste prend à revers nos attentes et déroute nos sens, les ouvrant à de nouvelles possibilités de perception.

ARTISTE /

Robert Breer

Robert Breer est un réalisateur de films d'animation et un artiste américain. D'abord peintre, il pratique l'abstraction géométrique dans les années 1950 puis réalise des films d'animation avant-gardistes dans la décennie suivante. Il a par ailleurs eu une importante activité de sculpteur.

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